Cerise Bleue

Publié le par Alexis Brunet

Mercredi 19 avril. 18h30. Pas facile le boulot ! Faire la route, faire le sourire qui va bien devant un bureau ou trône le bouquin de Parisot (Laurence, pas Pascal...), et refaire la route. D'autant que je pointe dans les embouteillages parisiens, et pour un provincial comme moi, 1 heure pour faire 15 bornes, c'est, comment dire, difficilement envisageable... Mais là je m'en tape comme de ma première cigarette. Parce que ce soir, je vois mes deux meilleurs potes. Et en plus d'être sûr de passer enfin une bonne soirée dans la semaine, il y a une cerise sur le gâteau !

 

Le programme est simple. Ce soir, on sort ! Et pas une de ces soirées d'avant, ou on se retrouve dans un bar, et on avise. Le rendez-vous est pris dans un « lieux », dans le 11ème. « Les disquaires », ça s'appelle. A l'affiche, un groupe, un trio plus précisément : Triphase, avec Leo Montana au piano, Joan Eche-Puig à la contrebasse et Anne Pacéo à la batterie.

J'arrive à l'entrée du club, paye le PAF, prend un verre, et attend.

 

Aux premiers sons de baguettes et de cordes, l'ambiance est là. Le thème sort du silence, comme La Moldau de Smetana. Une monodie de Piano prend vie, soutenue par le dialogue contrebasse-batterie. Le son est présent, en place, « in the mood » pour faire une comparaison douteuse. A la forme traditionnelle du concert de jazz (thème, chorus, thème), s'ajoute la montée du groove. Nous sommes d'ailleurs déconcertés par le fait d'ignorer qui fait quoi. Mais c'est ça le bonheur dans la musique, et oserais-je préciser, dans le jazz. C'est l'homogénéité qui prime dans ce trio. Tour à tour, l'attention se fige sur la ligne mélodique du piano, les montées à l'octave du contrebassiste, et les relances de la batterie. Virtuoses, inventifs, pédagogues, Anne, Léo, et Jo savent jouer, mais ne le revendiquent pas. On est loin des concerts à vedettes, ou l'affiche prime plus que la musique. L'immense qualité du trio, après son sens de la musicalité cela va sans dire, c'est l'humilité qu'ils osent afficher, prenant à contrepied cet esprit contemporain qui veut que jouer de la musique, c'est faire le show.

 

Le trio Triphase n'est pas un groupe de faiseur de musique. Ils se foutent des canons, ils s'en tapent des clichés. Ils font de la musique comme si l'oxygène ne leur suffisait plus pour vivre. Ils mettent leurs tripes sur la table pour qu'on en mange aussi. Le sourire monte sur toutes les lèvres, on est avec eux, coute que coute, Sarkozy pourrait appuyer sur le bouton rouge qu'on entendrait rien.

 

Amateurs de jazz, préparez vous. Triphase sort un album le 16 octobre prochain (il faudra être patient). Et pour ceux qui ne tiendront pas, et qui veulent en savoir plus, suivez ces deux liens, vous trouverez tout ce qu'il vous faut :

Anne pacéo

 

Anne pacéo bis

 

Publié dans BijouX

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